Sur le cœur d’un géant
Il y a cette femme
Faite d'un cœur de pierre
Où l'on y taille des géants,
Dont les ombres
Avalent des montagnes,
Avant de s'allonger
Au fond d'un lac
Drapé de reflets verts.
Embrassés par des nymphes
Qui délicatement retirent les peaux,
Leurs cris font chanter
Des oiseaux chamarrées
Et leur larmes fondent en torrents
Qui creusent les montagnes.
Il y a cette femme,
Qui pose ses mains froides
Sur le cœur d'un géant
Et l'éteint, dans une nuit irréelle
Avant de souffler sur les astres
Et de commander le soleil.
Et il y a cet homme,
Qui fabrique des mots,
Éclats de magie épars
Poussière de lumière
Qui déchirent la nuit
Et font briller ses yeux noirs.
Il y a cette femme et cet homme
Qui se regardent sans se voir
Parlent des langues qui n'existent plus
Qui ne se comprennent pas.
Il y a cet homme et cette femme qui ne se parlent plus.
Julien Rambaud - 06 janvier 2026